Les coups de cœur des lecteurs de la saga d'Aila
La saga d'Aila  fantasy


fantasy livre

Note : 4.6 / 5 avec 279  critiques officiel

Les coups de cœur des lecteurs de la saga de fantasy d'Aila

Cassandre ‒ 20 ans le  ‒ 5 ★★★★★

✎ « Une très belle histoire… »

« Aila et la Magie des Fées », un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité…
Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée.
Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

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‒ 5 ★★★★★

Parler d'Aila et la Magie des Fées est pour moi difficile, tant cette expérience de lecture a été riche et profonde. J'ai eu la chance inouïe de pouvoir lire le roman en feuilleton au cours de son écriture et il m'a tenu des mois en haleine, dans une attente continue et jamais déçue. Encore aujourd'hui, quand j'ouvre le premier tome, je suis happée par le récit et n'arrive pas à lâcher le livre avant d'en avoir relu chaque ligne.
J'aime le foisonnement de ses personnages, chacun si différent et tous si attachants, complexes et emplis d'humanité : Aila, Adrien, Pardon, Aubin, Hubert, Lomaï, Hamelin, Hang et tant d'autres.
J'aime la façon dont on voyage au gré des aventures, dans des royaumes nouveaux que l'on apprend à connaître ; certains deviennent si familiers au cours du récit qu'on les quitte à regret et qu'on les retrouve avec joie.
J'aime la façon dont on est entraîné vers des mondes insondables, dans le jardin des fées, au cœur des esprits humains, sur la spirale étroite des souvenirs…
J'aime les pouvoirs poétiques dont Aila est dotée par les fées, et qui me font rêver : projeter son esprit pour prévenir les dangers, fabriquer des boucliers d'amour, entendre à distance les appels à l'aide… Mais tous ces pouvoirs ne font pas d'Aila une « superwoman », loin de là, et c'est l'un des charmes profonds de cette histoire : Aila est une héroïne qui grandit, qui aime, qui doute, qui refuse son destin, qui se bagarre avec elle-même et qui, en ce sens, est incroyablement humaine.
J'aime enfin la façon magistrale dont le récit se construit, dévidant les bobines de multiples aventures en autant de fils qui se coupent, se nouent, se perdent, et qui tissent pourtant un tableau cohérent, que l'on découvre avec stupeur dans les dernières pages… Mais chut ! Tout le monde n'a pas encore eu la chance d'aller au bout de l'aventure. Par les fées, on n'en ressort pas indemne !

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‒ 5 ★★★★★

Olala !!!!!
Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!!
Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf !
Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre. Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait !
C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

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‒ 5 ★★★★★

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, quelques bandes dessinées, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy.
J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas.
Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages ‒ aux caractères très affirmés ‒ qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, par touches imperceptibles) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre ‒ ça ne s'arrête plus jamais ‒ et des dialogues d'une incroyable pétulance.
Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

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‒ 5 ★★★★★

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin.
Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

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‒ 5 ★★★★★

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain !
J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant.
Bonne lecture à tout le monde !

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‒ 5 ★★★★★

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !
Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort…Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.

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‒ 5 ★★★★★

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte.
Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

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‒ 5 ★★★★★

Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ?

C'est un roman de fantasy qui reprend les codes des romans de chevalerie et des contes merveilleux. On est bien dans un univers médiéval avec ses étendues désertiques, ses forêts et ses châteaux. On retrouve le merveilleux avec les fées - surtout la petite Amilys - les dons que l'héroïne apprend peu à peu, les sorciers qui rôdent.

Mais ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude - où ceux qui sont dotés de qualités de combat, d'une volonté d'indépendance, ce sont des chevaliers - ici, dans ce livre, c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. Ce n'est d'ailleurs pas la seule femme à jouer un rôle important.

Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections.

L'histoire d'Aila, c'est aussi l'histoire d'une jeune fille abandonnée, qui n'a pas toujours reçu l'affection parentale dont elle aurait eu besoin, et qui se forge une solidité par d'autres moyens. L'importance de la filiation, la contradiction qui existe entre le lignage et le talent, apparaît à de nombreuses reprises, que ce soit chez Aila ou chez d'autres personnages. C'est l'importance de l'éducation qui est ici démontrée.

Les complots et tractations à l'intérieur des cours des châteaux sont aussi un thème important : on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple.

C'est surtout un roman sur la disparition de la magie, qui raconte comment les hommes ont fait en sorte que les fées disparaissent de leur univers, et quelles difficultés ils rencontrent depuis. Les fées elles-mêmes semblent accepter leur extinction, et pourtant tout le livre nous montre leur rôle fondamental. Seuls quelques personnages ont encore l'intuition que la magie peut encore exister : quelques mages, mais aussi Aila qui possède un livre grâce auquel les fées partagent leur savoir.

Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ?»

(Source : )

Coups de cœur de la saga de fantasy officiel ➀ Avis des lecteurs d'Aila et la Magie des Fées roman ➁ Avis des lecteurs de La Tribu Libre fantasy ➂ Avis des lecteurs de L'Oracle de Tennesse français ➃ Avis des lecteurs de La Dame Blanche saga ➄ Avis des lecteurs de La Porte des Temps favorites ➅ Avis des lecteurs d'Une Vie, voire Deux préféré ➆ Avis des lecteurs d'Un Éternel Recommencement lectrice ➇ Avis des lecteurs de L'Ultime Renoncement heroic ➀ à ➃ Avis des lecteurs de La Première Époque saga ➄ à ➇ Avis des lecteurs de La Deuxième Époque fantasy Tous les avis des lecteurs des romans de fantasy fantasy


Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila tira la même pièce que Pardon Juste. Elle fronça les sourcils. Elle l’avait toujours considéré comme un modeste combattant, mais là, il apparaissait nettement meilleur qu’elle l’escomptait. Il serait probablement difficile de le battre… Il souhaitait un combat à mains nues et elle avait choisi le kenda.
À leur entrée dans l’arène, Pardon Juste la salua – au moins, il avait retenu l’avertissement du prince Avelin – et lui sourit. Elle y répondit brièvement. À l’occasion de leurs premiers mouvements, ils se testèrent mutuellement et Aila se réjouit : elle allait se régaler, car, à l’évidence, il manifestait une grande agilité, de la rapidité et une finesse extrême dans ses réactions. Elle se concentra, cherchant des défauts qu’elle trouva avec peine dans sa façon de se mouvoir, même si elle nota un léger déséquilibre à la réception quand il sautait sur le côté droit. Elle décida d’attaquer, l’amenant à bondir sur la droite pour profiter de cette minuscule faiblesse. Elle faillit réussir, mais la souplesse du jeune homme l’aida à se dégager in extremis.
— Bravo ! Vous avez déjà remarqué mon premier point faible. Malheureusement pour vous, je le connais aussi et j’ai beaucoup travaillé pour y remédier ! À mon tour de lancer l’offensive !
Pardon exultait ouvertement. Sans se déconcentrer, Aila essaya de comprendre où il voulait en venir. Il tenta une attaque qui paraissait classique, mais qu’il agrémenta avec une originalité trompeuse dans son déroulement. Il en fallut de peu pour qu’elle se fît surprendre et se dégagea de justesse.
— Vous êtes impressionnante… commenta-t-il, en souriant.
Mais que cherchait cet abruti ? À lui faire du charme pour la faire flancher ?
— Beau parleur, va ! murmura-t-elle entre ses dents.
Elle changea rapidement d’avis, Pardon était clairement ravi de se battre avec elle. Chacun multipliait les attaques parées par l’autre et, connaisseur, il se fendait d’une moue approbatrice. Puis vint l’idée de génie qu’elle attendait. Elle le laissa réussir un enchaînement dont elle pressentait la finalité et au moment où, enfin, il allait l’immobiliser, certain de sa victoire, elle se dégagea d’un violent coup de reins, puis inversa la position. Elle entoura sa gorge avec ses deux jambes, bloquant son bras sur sa poitrine quand le gong final retentit. Elle le libéra immédiatement et celui-ci se releva, radieux :
— Vous êtes une vraie championne. J’ai pris un rare plaisir à vous combattre.
Il lui tendit la main qu’elle serra avec entrain.
— J’escomptais pourtant bien marquer quelques points dans ce combat parce qu’au kenda, vous m’écraserez, je le sais ! Quant aux points, plouf, plouf, je viens de me faire battre par une fille et dans quelque temps, aïe, aïe, aïe, je vais recommencer !
Pardon parlait de son échec avec un détachement incroyable, comme s’il s’en amusait. Il ne semblait pas le moins du monde en colère après sa défaite. Au contraire, il appréciait sa valeur et le plaisir qu’il avait pris à la combattre… Aila hésita avant de se lancer :
— Vous voulez que je vous montre les enchaînements de base au kenda et ainsi, j’affronterai un adversaire intéressant.
À son tour, il afficha un air surpris :
— Pourquoi le feriez-vous  ? s’étonna-t-il.
— Je n’aime pas les victoires faciles, se contenta-t-elle de répondre, en haussant les épaules.

Ils passèrent tout leur temps de repos avant le deuxième combat à s’entraîner. Bonneau avait prêté son kenda à Pardon qui se révéla vraiment très doué. Il donnait l’impression, comme elle, de sentir les mouvements en lui, de les intégrer sans le moindre effort comme s’ils avaient toujours fait partie de lui. Elle avait croisé peu d’apprentis de l’école aussi habités naturellement… Tellement passionnés dans leur échange, ils ne s’aperçurent pas du nombre croissant de regards, même parmi les élèves de Barou qui passèrent leur pause à les observer, voire à les envier…
Quand enfin leur tour vint, elle n’eut pas envie de le battre tout de suite. Elle lui donna l’occasion de montrer ce qu’il avait appris en très peu de temps sur des enchaînements simples. Il se débrouilla très bien malgré les nombreuses petites fautes qu’il commit et dont elle aurait pu profiter.
— Aila, vous devez prouver ce que vous valez au kenda. Assez joué, cessez d’amuser la galerie et finissons-en, voulez-vous ! lui murmura Pardon, ses yeux rieurs fixés sur elle.
Et ce fut ce qu’elle fit ! Il tenta de se défendre, mettant au point des stratégies ingénieuses qui combinaient plusieurs enchaînements, mais il se fit battre à plate couture tant Aila semblait voltiger dans les airs, imprévisible, intouchable, tout simplement imbattable… Son kenda fendait l’espace comme si une vie propre l’animait. Le spectacle était à couper le souffle… que perdit Pardon, plié en deux, quand, voulant parer un dernier assaut, il reçut en plein ventre le bâton juste destiné à le frôler. Aila se précipita vers lui, tandis que le gong retentissait.
— Pardon, vous allez bien ?
Il lui adressa un signe de la main pour lui dire oui, mais mit plusieurs minutes pour retrouver quelques couleurs et sa respiration.
— Ouf, ça va mieux et dire que vous m’avez à peine effleuré ! S’ils ne vous choisissent pas comme nouveau commandant de leurs armées, c’est qu’ils sont demeurés !
Aila jeta un coup d’œil, constatant avec soulagement que personne n’avait entendu les paroles hardies de Pardon.
— Gardez donc vos opinions pour vous, cela serait préférable. Voulez-vous que je m’assure que je ne vous ai rien de cassé ?
— Vous savez le faire aussi… C’est gentil, merci ! Mais j’ai déjà palpé et je semble entier !
Aila le reconsidéra une nouvelle fois : il dégageait une telle bonne humeur qu’elle en était communicative. Et tellement de compétences, il paraissait si complet. Ce ne serait pas elle qu’ils choisiraient, mais un garçon comme lui. Un homme, un vrai, pas elle, une gamine…
— Merci, Pardon, vous avez été un extraordinaire adversaire et j’ai pris beaucoup de plaisir à vous combattre.
Pour l’aider à se relever, elle lui tendit la main, qu’il saisit, gardant l’autre sur son estomac malmené.
— Moi aussi ! Dites, si nous nous distinguons tous les deux ou si nous demeurons à Antan, bien que je préfère la première solution, vous finirez de m’apprendre à me battre au kenda, j’ai adoré !
— Si nous restons ici, je crains que cela ne plaise pas à Barou.
— Oui, mais comme nous serons sélectionnés, cela ne posera pas de problèmes !
Elle répondit par un rire sans joie. Comment faisait-il pour paraître si sûr de lui, alors qu’elle doutait si souvent de tout ?
— Si nous sommes choisis tous les deux, je vous le promets !
— Bien ! Vous venez boire un verre à mon réfectoire ?
Il le faisait exprès ou il était quand même un peu bête.
— Je n’imagine pas ma présence au milieu des élèves de Barou comme une bonne idée…
Pardon marqua une pause avant de répondre :
— Vous auriez eu raison il y a trois ans, mais aujourd’hui, la teneur de ce qui s’y échange vous surprendrait. Aubin a beaucoup fait évoluer les mentalités à votre sujet, de façon prudente. L’air de rien, il a réussi à susciter la curiosité et, si l’écurie avait été bâtie différemment, vous auriez bénéficié d’un public tous les soirs. Cependant, je comprends que vous refusiez. Alors, peut-être une autre fois cela vous paraîtra-t-il envisageable ? Au revoir, Aila.
Au loin, elle entendit vaguement Elieu annoncer que tous les candidats seraient reçus individuellement au château, mais elle perdit le reste des propos, médusée par ceux de Pardon. Qu’avait donc pu dire Aubin sur elle sans blesser son père ? Comment avait-il pu créer la curiosité à son sujet ? Et quel intérêt y avait-il le soir pour susciter un tel public autour de l’écurie ? Mais oui, il ne pouvait en être autrement ! Ils auraient voulu assister aux entraînements de kenda entre elle et son oncle !
— Magnifique combat, Aila ! Mais tu m’expliques cet échauffement basique au début ? s’exclama Bonneau.
Son expression dut parler pour elle.
— Ah !… Tu n’as pas désiré l’exterminer tout de suite. Je me demande quand même si ton choix stratégique correspondait aux enjeux. Enfin, après, tu étais la reine ! Cependant, j’ai noté quelques petits défauts à corriger. Viens, on va en discuter.
Il la prit par l’épaule, commençant l’énumération des erreurs en question.
— Dis, Bonneau, maintenant, je t’appelle comment ? l’interrompit Aila.
Il se tut. Le silence se prolongea.
— Comme tu veux, Aila. J’ai été ton père quand tu m’appelais Bonneau. Je le serai encore si tu m’appelles papa.
— Alors, va pour… papa. Je vais devoir m’habituer parce que, jusqu’à présent, je n’avais jamais pu utiliser ce mot.
— Va pour papa, ma chère fille.
Il l’étreignit très fort dans ses bras avant de s’éloigner et reprit :
— S’il te plaît, revenons aux fautes que je t’ai mentionnées…
Aila cessa d’écouter, elle verrait cela demain, mais entendre le son de la voix de Bonneau tout près d’elle la rassurait. Elle se sentit heureuse, entière et complètement vivante ! Quelle que soit la façon dont se termineraient les joutes le lendemain, elle avait beaucoup grandi en une journée et, volontairement, elle chassa l’ombre d’Aubin de son esprit pour profiter du moment. Inutile de se monter la tête avec une histoire triste si les choses s’arrangeaient au final. Il fallait juste attendre.
— Aila, tu m’écoutes ?
— Non, Bonn… papa, mais continue à parler quand même !
Et elle éclata de rire.

En fin de soirée, alors qu’elle brossait Lumière, elle entendit un pas résonner dans l’écurie et découvrit, dans la lumière de sa lanterne, Avelin. Il posa sa lampe sur un support avant de se tourner vers elle.
— Bonneau m’avait dit que je vous trouverais là.
Il affichait toujours ce petit sourire au coin des lèvres, pas vraiment moqueur, mais comme en attente de quelque chose…
— Alors, à part vous défendre comme un animal sauvage avec toutes ces armes, que proposez-vous d’autre ?
— Je peux suivre une piste, effacer mes traces ou en créer de nouvelles, tendre des pièges ou les déjouer, soigner…
— Bien, bien… Mais quand vous avez prétendu que vous saviez tout faire, j’avais imaginé des talents un peu plus personnels…
Aila rougit jusqu’aux oreilles. Comment pouvait-il, juste en une seule remarque, la mettre si mal à l’aise ? Elle répliqua :
— Le genre de talents auxquels vous faites allusion, Prince Avelin, je les réserve à ceux que je choisis et vous n’en faites pas partie.
Elle se mordit les lèvres, c’était sorti tout seul. Que venait-elle de rétorquer à son prince ? Elle cligna des yeux avant de se remettre à le regarder. Il souriait, attendant de croiser son regard pour répliquer :
— Quel tempérament, jeune damoiselle ! Au fait, j’étais venu vous chercher pour vous accompagner devant le conseil qui prendra sa décision à la fin de la journée.
Après une dernière caresse, Aila abandonna Lumière et emboîta le pas du prince jusqu’à la salle du château où se déroulait la réunion. Parmi les membres présents, elle reconnut le frère d’Avelin, avec son air sévère, le mage royal ainsi qu’Hamelin, Elieu, Mélinda et, manque de chance, Barou. Avelin rejoignit Hubert tandis, qu’elle s’installait devant eux. Le prince héritier prit la parole :
— Je suis Hubert, fils et représentant du roi Sérain d’Avotour. Avec mon frère, nous écouterons tous les avis et recommandations du conseil, mais au final, notre choix prévaudra. Aila Grand, vous nous avez particulièrement éblouis lors de ces joutes. Qu’auriez-vous à ajouter pour nous prouver que votre talent mérite une place dans notre équipe ?
Elle comprit immédiatement le sens de la question ; Avelin lui avait fait répéter sa réponse quelques instants auparavant :
— Je ne me contente pas de combattre, sire Hubert, je sais aussi effacer des traces, en créer de nouvelles pour attirer dans un piège. J’ai appris les plantes et je fabrique des onguents pour soulager et cicatriser. Je connais l’organisme humain, je peux détecter des fractures, les réduire, masser des muscles ou des tendons douloureux. Je maîtrise les exercices qui requinquent des hommes très fatigués pour repartir malgré tout. Mon sens aigu de l’observation me permet, à votre demande, de vous décrire ce j’aurai aperçu l’espace d’un instant.
— Intéressant… Tournez-vous. Quels sont les vêtements du mage royal ?
— Il a revêtu une robe violette en soie avec un liseré vert aux manches et au col. À son doigt, il arbore une bague dorée avec l’œil des fées, symbole de notre pays.
— Restez retournée. Que portait-il cet après-midi ?
— Une robe gris foncé, toute simple et son anneau argenté, orné de la lune en croissant.
Elle se douta qu’Orian hochait la tête pour confirmer sa description.
— Très bien. Quelles personnes dans la pièce sont restées telles que ce matin ?
— Vous-même et votre frère avez conservé vos habits de la journée, mais vous avez déposé votre poignard, tandis que le prince Avelin l’a gardé comme s’il comptait ressortir et pas vous. Sire Elieu s’est changé et a passé, sur son pantalon noir, le pourpoint pourpre qu’il affectionne le soir pour son confort. Dame Mélinda a juste ôté sa coiffe et remis un châle sur sa longue robe bleue.
Aila entendait des murmures derrière elle. Elle avait perçu le reproche rapide qu’Hubert avait adressé à son frère. Avant d’entrer au conseil, Avelin n’ignorait pas qu’il ressortirait pour aller chercher quelqu’un, alors qu’il avait lancé la proposition comme si elle n’avait pas été préméditée… Aila avait encore perdu une occasion de se taire. Au point où elle en était, elle ajouta :
— De plus, mon excellente oreille associée à un bon niveau d’analyse me permet de dire que le prince Avelin a trompé tout le monde, sauf le mage royal qui suspectait la supercherie. En revanche, le prince Hubert vient de découvrir la nouvelle fantaisie du benjamin…, conscient que ce n’est pas la première fois et sûrement pas la dernière. Cependant, dans le même temps, il préférerait qu’il arrête de manigancer ses coups en douce…
Aila comprit au silence qui tomba derrière son dos qu’elle avait dépassé les limites de la bienséance due à la famille royale.
— Retournez-vous, Aila, enjoignit Orian, j’apprécie grandement vos talents d’observatrice… Pour quelles raisons ne devrions-nous pas vous sélectionner ?
— Parce que je parle trop, peut-être… Enfin, cela n’a pas toujours été le cas. Hamelin, sire Elieu et dame Mélinda vous le confirmeront… Parce que je suis une fille et que je n’ai que seize ans… Parce que si vous me choisissez, cela posera probablement des problèmes de cohésion d’équipe si je me retrouve avec des personnes comme Hector Plantu.
— Bien. Quels autres concurrents trouvez-vous dignes de faire partie du groupe que nous allons former ?
— Pardon Juste ! Incroyable combattant, rapide, efficace, fin stratège et sans points faibles ou presque.
Elle n’hésita pas non plus pour le suivant :
— Aubin Grand. Encore jeune, mais déterminé. De plus, il progresse de jour en jour.
— Le présentez-vous parce qu’il s’agit de votre ex-frère ? coupa Orian.
— Oh ! non, mage royal, loin de moi cette idée ! Aussi excellent archer que cavalier, sa compétence ne s’arrête pas là. Son tempérament extrêmement posé peut enfin empêcher des esprits irréfléchis de se jeter dans un piège, car il voit loin.
— Bien. Merci pour vos réponses, Aila Grand. Rendez-vous demain à la troisième cloche dans la cour du château.
Aila se retira, certaine d’avoir misérablement échoué, mais, si au moins, elle avait pu sauver Pardon et Aubin, elle aurait servi une noble cause. Quand elle rentra dans la maison, Bonneau leva la tête. Elle lui adressa un sourire triste avant de se diriger vers son lit. Elle n’avait pas envie de parler et il respecta son silence. Elle resta assise un long moment, immobile, le cœur lourd, puis finit par se déshabiller et se coucher pour s’endormir dans un sommeil sans rêves.


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