Aila et la Magie des Fées, tome 1 de la saga de fantasy de Catherine Boullery
La saga d'Aila  fantasy


fantasy livre

Note : 4.6 / 5 avec 279  critiques auteure

Le début de l'histoire

Les légendes en Avotour racontent qu'hommes et fées vécurent en parfaite harmonie jusqu'au jour où un interdit absolu fut transgressé : l'amour entre un homme et une fée. Pour qu'un tel malheur ne se reproduise plus, les fées choisirent de disparaître aux yeux des hommes et c'est ainsi qu'aujourd'hui, en Avotour, plus personne ne croît aux fées ou presque…

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Orpheline de mère, Aila a grandi élevée par son oncle Bonneau dans le comté d'Antan. De loin, enfermée dans l'incompréhension totale de ce père qui l'a reniée à sa naissance sans raison apparente, elle observe son père Barou Grand et son petit frère Aubin vivre ensemble. Et, pourtant, ce colosse est le plus grand héros du royaume. C'est lui qui, des années auparavant, a repoussé chez eux les Hagans, peuple frontalier, féroce et sanguinaire, qui venait piller et tuer.

Heureusement, la jeune fille n'est pas seule. La châtelaine d'Antan, Mélinda s'occupe d'elle comme de ses trois filles, lui offrant une présence féminine indispensable tandis que Hamelin, le mage du château, érudit et sage, lui enseigne tout ce qu'il sait. De plus, Aubin, bravant l'interdit parental, décide de se rapprocher d'elle dans le plus grand secret.

Alors qu'Aila devient adolescente, Bonneau décèle chez sa nièce une aptitude peu commune à se battre et décide de la former. Aujourd'hui, à seize ans, elle est devenue une exceptionnelle combattante, en particulier, lorsqu'elle manipule le kenda, un bâton de combat aux propriétés peu conventionnelles. Elle est l'élève qui ferait la fierté de Barou. Cependant, rien n'a changé et ce dernier persiste à l'ignorer.

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Deux journées de deuil sont décrétées quand le roi Sérain d'Avotour perd sa femme et sa fille dans un attentat qui lui était destiné. À la suite de cet événement tragique, il décide de protéger ses trois fils en créant une garde rapprochée. Naturellement, il envoie chercher ces hommes parmi l'élite d'Avotour, c'est-à-dire dans le camp de formation de Barou Grand. C'est la chance que saisit Aila pour enfin prouver sa valeur. Malheureusement, Barou refuse sa participation. Alors, pour la première fois de sa vie, Aila s'oppose à lui et fait appel à une loi ancienne qui l'autorise à changer de père. Sa joie explose quand elle est sélectionnée, mais c'est aussi tout son monde qui bascule. Dorénavant, elle va quitter la sécurité d'Antan et son bonheur est teinté d'une légère appréhension.

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Son départ proche perturbe plus que de raison Hamelin. Aila connaît depuis bien longtemps son intérêt pour les fées et l'a toujours considéré comme l'expression d'une forme de nostalgie chez un homme attaché de traditions ancestrales. Seulement, quand elle touche le petit livre aux paysages mouvants qu'il lui tend, elle se sent immédiatement happée dans un autre monde avant de briser la magie du moment. Hamelin est convaincu qu'Aila peut communiquer avec les fées tandis que la jeune fille refuse totalement d'envisager, même l'espace d'un instant, l'existence de telles créatures. Malgré tout, par affection pour le vieil homme, elle emporte le livre qu'elle fourre au fond de son sac, espérant ainsi l'oublier au plus vite.

La qualité de vie en Avotour s'est bien dégradée depuis quelques années. La misère y côtoie la disette. De plus, affaibli, le pays redevient la cible de nouvelles attaques haganes et l'objet de convoitise de contrées limitrophes soutenues par la traîtrise interne de certains comtés du royaume. C'est ainsi que les membres de la garde rapprochée se voient attribuer différentes missions en vue de confondre ceux dont la loyauté a failli.

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Heureuse de partir avec le benjamin de la famille royale, Avelin, Aila déchante quand elle découvre que, en fin de compte, elle accompagnera l'héritier du trône, Hubert, aussi froid que rigide, dans une mission dans le comté d'Escarfe. Sa déception s'accroît quand elle apprend qu'elle sera présentée comme sa promise et qu'elle va devoir troquer sa tenue de combattante contre robes et frou-frou.

Tandis qu'Aila se prend finalement au jeu, des phénomènes bizarres apparaissent dans sa vie et la troublent. Comment se fait-il qu'elle pressente le danger ? Pourquoi son esprit devient-il capable de survoler l'espace qui l'entoure ?

Alors qu'un danger encore plus grand menace le royaume en la personne de Césarus, un empereur venu du nord qui détruit toute vie sur son passage, de nouvelles coalitions vont devoir naître pour contrer un oppresseur prêt à tout. Comment les ennemis d'aujourd'hui pourront-ils devenir les alliés demain ?

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Parcourez les coups de cœur de mes premiers lecteurs

Cassandre, 20 ans

Aila et la Magie des Fées, un joli titre qui n'attirait pas spécialement ma curiosité… Si j'avais su un jour qu'un livre de fantasy allait me rendre autant adepte de la lecture, je ne l'aurais pas cru. On pourrait croire à un livre pour fillettes rêvant de magie et d'univers parallèles, pourtant je dirais que c'est un livre qui en passionnerait plus d'un, tous âges confondus. Un livre magnifiquement bien écrit, qui révèle des détails qu'on ne pourrait imaginer…
Je me lance… j'ouvre le livre, je commence à lire quelques pages, 13, 20, 35… je dévore toutes ces lignes à une vitesse folle. Et voilà maintenant que je le prends dans le bus le matin, à ma pause déjeuner, le soir pour rentrer, et juste avant de me coucher. Je tourne les pages plus vite que mon ombre et naît un sentiment d'impatience de connaître la suite.
Au fil de l'histoire, je me suis complètement identifiée à l'héroïne ; elle était moi et j'étais elle. C'est comme si nous ne faisions qu'un. Une sensation qui reflète ma façon d'agir, de penser, de vivre… une aventure que j'ai lue et surtout vécue intérieurement pendant mes quelques jours de lecture passionnée. Je le relirai encore avec plaisir et avec les mêmes sentiments que la première fois ! Un livre à l'avenir tout tracé que je conseillerai à tous mes proches !!!

Sur UPblisher

Emmanuelle, 30 ans

Olala !!!!! Rien que le premier chapitre, et j'étais déjà accro !!! Ce qui est vraiment génial, c'est d'avoir pris plein de thèmes et histoires qui font partie de notre inconscient imaginaire et d'en avoir fait quelque chose de neuf ! Le tour de force de Catherine, c'est de parvenir à dévier ces éléments pour créer son propre monde et, ainsi, de générer un plaisir double pour le lecteur : celui de revivre un imaginaire de l'enfance dans un autre.
Tout est vraiment bien écrit et très fluide (et merci d'employer le subjonctif imparfait !!! J'adore ce temps qui ajoute un côté féerique et intemporel, justement typique du conte).
Aucune pesanteur, les personnages, leur origine, tout est bien posé en douceur et, pourtant, au milieu de péripéties palpitantes ! Le rythme est parfait ! C'est super bien ficelé, drôle, et, de plus, étonnamment d'actualité ! (toute la description d'Avotour, des problèmes causés par la misère, l'angoisse de ce qui va survenir…) Bref, je suis toujours aussi fan !!!

Didier, 53 ans

Eh bien, si je m'attendais un jour à donner mon avis sur un livre de fantasy, moi qui ne lis que des magazines d'économie, un ou deux ouvrages (sérieux) par an, et jamais de fantasy. J'ai été fortement incité à parcourir Aila et la Magie des Fées et je ne le regrette absolument pas. Une fois le prologue avalé, je pénètre dans un roman qui débute à la fois doucement (un environnement bien brossé, une fine description des personnages — aux caractères très affirmés — qui offrent tous un élément auquel s'attacher, une subtile entrée en matière des fées, imperceptiblement) et rapidement avec de l'action dès le premier chapitre — ça ne s'arrête plus jamais — et des dialogues d'une incroyable pétulance. Pas moyen de s'interrompre une fois qu'on a mis le doigt dans ce livre…

Miss Mag

Il faut aussi que je vous précise qu'après cette lecture, je suis en mesure de vous affirmer que le titre « Aila et la Magie des Fées » est très réducteur, en effet, ce roman déborde d'éléments qui en font un excellent moment littéraire.
Catherine Boullery parvient à nous tenir en haleine tout au long de cette histoire, nous y passons d'aventures en aventures. Alia est non seulement une combattante hors paire et une jeune femme au caractère bien trempé, mais aussi une personne pleine de douceur, qui sans le savoir est avide d'amour et de romantisme. Bien sûr , il me faut aussi parler des fées et du coté magique de ce livre, qui y tient aussi une partie importante et qui fait le lien avec les deux tomes suivants.
Avec ce roman j'ai donc vécu des moments romanesque, fantastique, d'aventure, J'ai voyagé au sein d'une contrée imaginaire.
Je ne saurai donc que vous conseiller de découvrir les aventures d'Alia si vous êtes en quête de toutes ces choses.
« Aila et la Magie des Fées » est donc le premier tome d'une saga, qui je maintiens mon opinion, aurait mérité un titre un peu plus recherché.

Sur Babelio
Virginie

Voilà ce qui se passe quand, en lisant un livre pour la seconde fois, je me sens une nouvelle fois littéralement happée par l'histoire : je me lâche ! Extrait : « Qu'est-ce qui m'a plu dans Aila et la Magie des Fées ? […] ce qui est intéressant, c'est que contrairement à d'habitude […], c'est une femme, Aila, qui reçoit toutes les caractéristiques des héros : combattante efficace, elle sait manier les armes, et peut se montrer fine stratège. Cela donne de la profondeur au personnage, et le roman a une coloration féministe en montrant comment une très jeune femme peut s'affirmer dans un monde d'hommes et instaurer un nouveau rapport à autrui. […] Autre chose : Aila est un personnage amusant et touchant, parce que contrairement à certains héros de fantasy, elle est un personnage inachevé : elle est encore en train de grandir, elle est souvent montrée en train d'apprendre à devenir une guerrière, on la voit même être très naïve, faire des erreurs importantes, et se méprendre sur les intentions d'autres personnages. C'est rassurant, ou réaliste, comme on veut, de découvrir un personnage qui n'est pas auréolé de toutes les perfections. […] on peut lire une réflexion sur le pouvoir et sur les modes de gouvernement. Ainsi, les actions humaines ont autant de place que la magie : Aila instille la volonté, chez les princes et les rois, de sortir de leur passivité, d'arrêter d'attendre une évolution extérieure, et de réfléchir par eux-mêmes à la manière de mieux gouverner leur pays et d'améliorer les conditions de vie de leur peuple. C'est surtout un roman sur la disparition de la magie […]. Or, cette magie ne peut disparaître, et cela nous est prouvé doublement : parce qu'elle aide à sauver le monde dans l'histoire racontée par le livre, mais aussi d'une autre manière : elle est peut-être fée, l'auteure de ce livre, car son livre agit sur le lecteur comme celui des fées sur Aila ; on se sent comme aspiré par une histoire qu'on ne veut plus quitter et qui s'offre très facilement à la lecture. Comment mieux affirmer que les livres et la lecture font ressusciter la magie et peuvent réenchanter notre monde ? »

Olivier, 40 ans

Un monde féerique envoûtant, une histoire passionnante qui vous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière ligne. On vit des émotions intenses avec Aila ! J'ai autant dévoré les livres de Boullery que ceux de Goodkind, Tolkien ou Martin. Lisez les trois premiers chapitres : vous ne pourrez plus vous arrêter !

Sur UPblisher

Guillaume, 31 ans

Catherine Boullery réenchante la saga fantastique en trempant sa fine plume dans la clarté du conte. Les fluides aventures d'Aila sauront sans aucun doute poser leur charme puissant sur les enfants de 10 à 90 ans : un sort suffisamment puissant pour tenir en haleine au fil d'une histoire-fleuve.

Adrien, 27 ans

J'ai eu le privilège de découvrir en avant-première les aventures d'Aila. Elles m'ont tenu en haleine pendant plusieurs jours, c'est ce genre de roman qu'on peine à refermer tard le soir, mais dont on essaie d'économiser certains chapitres pour le lendemain ! J'ai hâte de découvrir la suite et suis ravi d'apprendre que d'autres personnes découvriront cet univers vraiment particulier et attachant. Bonne lecture à tout le monde !

Yollande, 45 ans

Je suis en train de relire Aila et la MAGIE est toujours là. C'est époustouflant, car je sais que, dans un an, dans dix ans, il y aura toujours cette magie que je me régalerai à redécouvrir. Ce livre enchanteur, envoûtant, fait partie de ceux qui me sont « intemporels » et dont le plaisir de la relecture reste toujours aussi fort : on s'attache à Aila, on se l'approprie, on vit sa vie au fil des mots, au fil des pages, on la voit grandir comme un enfant (on en est fière n'est-ce pas, Catherine ?) et on en redemande encore et encore. Et on se dit qu'on sera patiente comme jamais pour connaître la suite, mais surtout, surtout, ne jamais connaître sa fin !

Tous les ingrédients sont là : l'amour, l'amitié, la fidélité, le courage, l'aventure, l'espérance, les joies et les peines, le doute, l'angoisse, la violence, la mort… Exercice de très haute voltige. Je suis très touchée d'avoir eu le privilège de lire le 1er tome il y a un an et je n'ai plus qu'un mot à dire : longue vie à Aila.


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Extrait gratuit d'un des livres de la saga d'Aila offert par Catherine Boullery, auteure de fantasy (autres passages sur Amazon). Excellente lecture ;)

Aila s’éveillait tout en douceur de sa nuit surprenante. Une légère nausée persistait, bien loin de celle qui l’avait clouée sur place les jours précédents. Inspirant un grand coup, elle se réjouit d’avoir les idées claires. Pour la première fois depuis longtemps, tout brouillard avait déserté son esprit et elle se sentait en accord avec elle-même. Comme à son habitude, Élina entra et déposa le plateau du petit déjeuner.
— Bonjour, dame Aila. Sire Sérain vous prie de passer pour vérifier son bras, puis de l’accompagner ensuite au manège pour un entraînement au kenda. Il aimerait que sire Hubert et vous-même trouviez un moment, aujourd’hui ou le matin suivant au plus tard, pour mettre au point votre mission. Il attend votre compte-rendu au plus vite. Sire Hector nous rend visite demain midi et le bal commencera le soir même. Ne prévoyez rien de particulier après la sixième cloche, car je m’occupe de vous.
Aila l’écouta débiter sa tirade avec un petit sourire.
— Dites-moi, Élina, comment faites-vous pour arriver exactement à l’heure où je me réveille et pour afficher un tel naturel en récitant le programme de ma journée ?
Élina, enjouée, hocha la tête, sans répondre, avant de quitter la pièce. « Encore une journée chargée en perspective… », pensa la jeune fille qui commença à se rassasier.

Prête, Aila saisit sa ceinture à onguents et descendit vers le bureau du roi. Elle frappa un coup discret à la porte avant de recevoir la permission d’entrer. Sérain était attablé à son secrétaire, absorbé dans la lecture d’un livre de comptes. Il leva la tête.
— Voici le moment préféré de ma journée ! Celui où vous me dites que ma blessure a presque disparu ! Allons-y pour les bonnes nouvelles de la matinée !
Elle s’installa à ses côtés, défit le bandage. La plaie était parfaitement refermée et la cicatrice à peine boursouflée. Elle badigeonna un onguent avant de masser délicatement. Alors que, sous ses doigts, elle sentait céder peu à peu les derniers nœuds de chair qui regagnait leur élasticité initiale, elle ne parvenait pas à s’en réjouir parce que, dans le même temps, elle affaiblissait une petite fée… Libéré par Aila, Sérain fit jouer ses muscles.
— Vraiment parfait. Merci, Aila ! Je suis fin prêt pour notre nouvel entraînement. En route !
Tout le monde s’échauffait quand ils arrivèrent et les exercices reprirent. Aila les observait, leur expliquant les défauts qu’elle remarquait et comment les corriger. Elle les mettait en situation de recommencer jusqu’à ce que la finalité du geste et sa réalisation fussent parfaitement acquises. D’un point de vue exclusivement technique, elle perfectionnait chaque fois les enchaînements, même pour le roi qui ne possédait pas son propre kenda. En dépit de tous les progrès, elle sentait que la signification première du kenda leur échappait à tous. Mais pour qui se prenait-elle pour leur donner des leçons, alors qu’elle n’avait compris que récemment le lien qui l’unissait au sien ? À sa décharge, elle avait fonctionné de façon purement intuitive, copiant les attitudes de Bonneau en se plaçant en harmonie avec le kenda sans même s’en rendre compte. Enfin, maintenant qu’elle l’avait décodé, elle se devait de partager ses connaissances nouvelles pour les aider à progresser encore plus vite :
— On arrête tout et vous m’écoutez ! cria Aila. Ce que vous réalisez est vraiment très bien. Seulement, le kenda ne reste qu’une arme entre vos mains, alors qu’il doit devenir votre âme sœur. Ne le manipulez pas comme un simple bout de bois ramassé dans la forêt, il est plus que cela ! Apprenez à sentir ce qu’il désire. Combattre avec lui constitue une danse intérieure que vous partagez. Écoutez-le, suivez-le, ne faites plus qu’un avec lui. Tentons un essai. Sire Avelin, je vous prie. Vous allez plonger dans votre kenda le plus loin que vous pourrez. Partez à la rencontre de son chant intérieur, puis, quand votre cœur battra en rythme avec lui, laissez-le guider vos pas et vous entraîner.
Avelin hocha gravement la tête et resserra la prise sur son kenda. Il ferma les yeux et tous le sentirent s’éloigner profondément. Il esquissa un premier mouvement de bras, puis un autre. Bientôt, ses jambes ébauchèrent quelques pas. Le bâton se mit à tournoyer, tandis que le jeune prince bondissait, reculait, allait et venait dans un rythme de plus en plus soutenu avant de finir à genou à bout de souffle… Personne n’osa briser le silence qui s’installa, juste entrecoupé par la respiration haletante d’Avelin. Cette démonstration impromptue les avait tous bouleversés. La magie du kenda se révélait à eux pour la première fois ; désormais ils savaient qu’elle était à leur portée.
— C’était magnifique, Avelin…, dit Aila d’une voix émue, vraiment magnifique.
Elle s’approcha du fils du souverain qu’elle aida à se relever avec un grand sourire. Puis, reprenant son ton habituel, elle ajouta :
— À vous maintenant ! Plongez dans votre kenda, cherchez-le ! Trouvez-le ! Devenez son alter ego ! Je suis désolée, mon roi, mais mon kenda ne vous permettra pas de créer ce lien avec vous, il faut absolument que vous découvriez le vôtre…
— Cela n’a pas d’importance, Aila. Je me contenterai d’observer. J’ignorais l’existence d’armes comme celle-là. À présent, je comprends mieux le rôle de la liaison qui unit le combattant au kenda, même si je ne peux encore la ressentir. De plus, je n’ai aucune peine à imaginer son influence, il me suffit de vous revoir sur le toit, insaisissable, presque irréelle…
Elle passa le reste de son temps à examiner chaque geste pour le corriger si besoin. Adrien et Aubin avaient réussi avec brio leur fusion avec le kenda et s’opposèrent dans un combat passionnant. En revanche, Hubert n’y parvenait pas. Elle voyait bien les efforts qu’il développait, sans succès. Elle s’approcha et, posant sa main sur son épaule, lui expliqua :
— Si la communion ne se réalise pas aujourd’hui, elle se fera demain. Nous apprenons tous avec des rythmes différents et vous n’êtes pas tout à fait prêt…
Restant de marbre, il ne répondit pas et continua simplement ses enchaînements comme si de rien n’était. Ensuite, ce fut au tour de Sérain d’aller lui parler. Bien que son visage ne reflétât aucune expression particulière, Hubert retint un bref mouvement d’humeur qui indiqua à Aila un désaccord voilé avec son père. Alors que la séance se terminait, ce dernier vint la trouver.
— Je pars en réunion avec mes conseillers et, en conséquence, libérerai mon bureau pendant ce temps. J’ai demandé à Hubert de vous y retrouver dès la fin de l’entraînement, pour préparer votre mission en Hagan. Il existe plusieurs possibilités, discutez-en ensemble pour sélectionner la meilleure.

Rafraîchie et changée, Aila rejoignit la pièce où elle s’installa seule, Hubert n’étant pas encore arrivé. Elle resta immobile dans un coin, n’osant ni s’asseoir, ni regarder quoi que ce fût. Elle voulait éviter d’être surprise dans une attitude indiscrète qui aurait pu prêter à confusion. Le prince ne tarda pas et l’invita à prendre place devant le bureau.
— La mise au point sera rapide : notre mission consiste à trouver l’endroit où Acri, le grand chef des tribus haganes, se réfugie avec ses troupes d’élite. Les renseignements fournis par Adrien nous indiquent seulement qu’il se promène dans la barre rocheuse entre les frontières des comtés d’Aroure et Partour. Nous allons donc parcourir ces montagnes pour localiser son repaire en nous fondant parmi les groupes nomades. Puis, quand nous l’aurons déniché, nous reviendrons à Avotour pour organiser sa capture. Voilà, c’est tout, inutile de vous déplacer ce soir, j’informerai père de votre accord.
Cela dit, il se leva pour quitter la pièce, tandis qu’Aila, le visage fermé, ne bougeait pas.
— Je ne crois pas que notre entretien soit terminé. Votre père m’a dit clairement qu’il existait plusieurs pistes de réflexion dont nous devions discuter ensemble. Or, votre monologue n’en présente qu’une qui, de plus, est la pire que vous puissiez choisir.
Elle surprit un geste d’impatience chez Hubert qui, pourtant, lui rétorqua calmement :
— Vous avez du mal comprendre ce que père attend de vous.
— Non, j’ai parfaitement saisi ce qu’il a exprimé et d’autres conclusions s’imposent. En premier, vous ne respectez pas ce que votre père vous a demandé. Deuxièmement, vous décidez tout seul de ce qui doit être, oubliant une fois de plus que je suis votre partenaire et votre engagement à me considérer comme telle jusqu’au bout de notre mission. Où est la discussion ? Où est le respect ? Où est la confiance ?
Le ton d’Aila montait et Hubert riposta vertement :
— D’abord, ce qui se passe entre mon père et moi ne vous regarde en rien. Deuxièmement, j’ai honoré l’engagement que j’avais contracté avec vous pour la mission d’Escarfe, engagement qui s’est arrêté là, puisque nous ne devions plus partir en expédition ensemble. Je vous rappelle donc à nouveau que je suis votre prince…
— Et moi, que je ne vous dois pas obéissance ! le coupa-t-elle.
Ils s’affrontèrent du regard. Où était l’homme qui lui avait sauvé la vie ? Où était celui qui s’était occupé d’elle après la mort d’Astria ? Elle sentit gonfler la colère en elle comme les voiles d’un bateau dans le vent. Elle explosa froidement :
— Encore une fois, sire Hubert, vous me décevez. Vous vous rengorgez de votre statut de prince, alors que cela m’indiffère au plus haut point ! Vous imaginez que je vais vous suivre les yeux fermés, tandis que ma confiance en vous s’effrite à chaque action de votre part ! Il vous faudra vous trouver un autre imbécile à manipuler parce que, moi, je ne pars pas avec vous. De toute façon, Avelin sera bientôt prêt, je commence aujourd’hui à lui apprendre le hagan et je me charge de convaincre votre père de la nécessité d’exécuter cette mission avec lui !
— Il ne vous suivra pas !
— Vous voulez parier…? Que croyez-vous qu’il va penser de son fils qui ne respecte pas ce qu’il attend de lui ?
— Rien ! Absolument rien ! Depuis des années, je le seconde et parfois même je le remplace ! Il conclura que j’ai pris la bonne décision, un roi doit savoir où il va !
— Encore faudrait-il le devenir ! Et pour l’instant, vous n’êtes qu’un prince fat et présomptueux !
Hubert suffoqua. Aila tourna brusquement les talons et ouvrit la porte avec fureur, se cognant à Adrien qui s’apprêtait à rentrer. Elle marmonna quelques mots d’excuse incompréhensibles avant de s’éloigner rapidement sous le regard pensif d’Adrien. Ce dernier entra dans la pièce, découvrant son frère, dubitatif, penché à la fenêtre.
— Des problèmes ? osa demander le jeune frère.
— Non, aucun.
— Ce n’est pourtant pas l’impression que j’ai eue.
Hubert ne répondit pas, laissant ses yeux errer sur le paysage qu’il devinait dehors.
— Bon, je m’en vais trouver père pour lui annoncer que je recherche un nouveau partenaire pour la mission en Hagan, lança Hubert, rompant son silence.
— Je ne pense pas que cela soit une bonne idée… Tu auras du mal à dénicher un autre combattant aussi exceptionnel et parlant le hagan.
— Eh bien, je prendrais l’un ou l’autre, cela conviendra.
— Que t’arrive-t-il, Hubert ? Ce n’est pourtant pas ton genre de t’énerver…
— Mais je ne m’énerve pas, je suis on ne peut plus calme, vitupéra Hubert en haussant encore le ton, je ne laisserai simplement pas cette gamine me dicter ma conduite. C’est tout !
Sur le point de le contredire, Adrien renonça. Pensif, il suivit son frère du regard, alors que ce dernier quittait la pièce pour rejoindre leur père.

Aila avait échangé sa tenue de garde contre celle en cuir. Irritée, elle avait dévalé les escaliers pour regagner l’écurie. Elle avait sellé Lumière, installé son kenda sur la selle et partait au trot vers la ville. Un instant, elle songea à prendre la route d’Antan pour rentrer chez elle, sans explication, juste pour s’éloigner de cet abominable prince. Cependant, elle ne pouvait faire faux bond ni au roi, ni à Avelin et encore moins à Aubin… Alors, pour calmer sa colère, elle se contenta d’errer aux alentours. Progressivement, elle se rapprocha des quartiers pauvres et y pénétra sans hésiter. Elle se perdit assez vite dans le dédale des ruelles qu’elle emprunta au hasard avant de reconnaître un endroit qu’Avelin et elle avaient traversé le jour précédent. La maison ! Elle devait retrouver celle qu’elle avait remarquée. Elle se remémorera la succession des différentes voies parcourues, cherchant à accorder le présent et ses souvenirs passés pour la localiser. Elle se trompa, revint en arrière, repartit pour, enfin, parvenir à la bonne rue et au bon endroit. Elle caressa Lumière et prit son kenda :
— Ce quartier n’est guère fréquentable, ma belle. Alors, tu te fais toute petite pendant que je visite cette demeure. Là, dans ce coin sombre, tu seras moins visible, vas-y.


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